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La Gestion de l'Eau en France
LES SERVICES MUNICIPAUX DE L'EAU POTABLE ET DE L'ASSAINISSEMENT

En France, l'organisation des services de l'adduction d'eau potable, de la collecte et du traitement des eaux usées et pluviales relève des communes et de leurs groupements.


n L'ETAT FIXE LES REGLES GENERALES ET ASSURE LA SOLIDARITE


Depuis les lois de décentralisation de Mars 1982 et Janvier 1983, l'Etat a vu son rôle limité à la police des eaux (autorisation de prélèvement et de rejet), et à la garantie de la salubrité et de la sécurité publiques.



Le contrôle sur les Services des Eaux est exercé a posteriori par l'Administration territoriale de l'Etat :

L'Etat assure également une solidarité entre usagers à deux niveaux :
  1. A l'échelle de chacun des six grands bassins versants, une Agence de l'Eau, Etablissement public administratif sous tutelle de l'Etat, perçoit une redevance sur les prélèvements et sur les rejets d'eaux usées, dont le produit est employé pour subventionner des investissements, réalisés notamment par les communes, pour améliorer la ressource en eau et épurer les effluents ou pour rendre plus performante l'exploitation des installations de traitement.

  2. Au niveau national, le Fonds National pour le Développement des Adductions d'Eau (FNDAE) perçoit une redevance, actuellement de 10,5 centimes sur tout m3 d'eau potable distribué en France, et affecte à chaque Département une enveloppe de crédits destinée à subventionner les seules petites communes rurales pour leur investissement d'adduction d'eau potable, de collecte et de traitement des eaux usées et pluviales, de façon à leur permettre de compenser les handicaps que constituent la faible densité de la population et la petite taille des agglomérations.

n LES COMMUNES ET LEURS GROUPEMENTS ORGANISENT LES SERVICES DES EAUX


Ce sont donc les communes, en France, qui assurent elles-mêmes, ou dans le cadre de groupements, les responsabilités de l'organisation de l'adduction d'eau potable, de la collecte et du traitement des eaux usées et pluviales.

Pour 36.763 communes, il y a 15.244 services distributeurs d'eau et 11.992 services d'assainissement.

L'organisation du Service peut donc être assurée :


De tels groupements de communes peuvent être :

n LE CHOIX DES MODES DE GESTION: LE PARTENARIAT AVEC LE SECTEUR PRIVE


Les collectivités locales peuvent, soit confier la tâche de la gestion de leurs services des eaux à une compagnie privée spécialisée, soit l'assurer directement en régie.

C'est au Conseil Municipal ou au Syndicat de faire le choix, compte tenu du contexte local, après étude préalable de l'alternative ainsi que des termes de références.

Le secteur privé en effet a développé en France une remarquable "industrie" qui, forte de l'expérience concrète acquise par les entreprises de la distribution dans toutes les tâches de gestion quotidienne des services, et en synergie avec les services techniques de l'Etat et des collectivités, ont pu acquérir des savoir­faire et réaliser des recherches qui le place au tout premier rang mondial pour l'ensemble des fonctions intégrées qui sont nécessaires pour assurer l'adduction d'eau potable, comme la collecte et le traitement des eaux usées et pluviales.

GESTION DELEGUEE

Dans ce cas, les collectivités délèguent la gestion de tout ou partie de leurs services des eaux à une compagnie privée de distribution dans le cadre de contrats de longue durée; l'affermage ou la concession sont les deux types de contrats généralement utilisés :


Ce système de "gestion déléguée" a largement fait ses preuves depuis plus d'un siècle qu'il existe en France.


En France, aujourd'hui, par rapport au nombre d'usagers desservis, la distribution de l'eau potable est très majoritairement assurée en gestion déléguée (~ 75%). La part des services d'assainissement confiée à des sociétés privées s'accroît rapidement (> 35%).

Lorsque la collectivité décide de faire appel à la compétence d'un distributeur privé, c'est bien entendu dans le cadre d'un contrat pluriannuel définissant les termes de références des prestations attendues et le prix de l'eau payé par les usagers ainsi que la formule de variation des prix, et, dans le cas de l'affermage, la part reversée par la société fermière à la municipalité au titre des investissements.

Il existe des modèles de contrats qui peuvent guider les collectivités pour la préparation des cahiers des charges des appels d'offres lancés pour la dévolution de ces prestations de services.

Dans le cadre d'une concession, le futur concessionnaire doit évaluer les investissements qu'il s'engage à réaliser au début et en cours de contrat.

La durée d'un contrat de concession varie, selon l'importance des investissements à réaliser, la consommation et le prix de l'eau, entre 20 et 50 ans, alors que celle d'un contrat d'affermage se situe entre 5 et 20 ans.

Cette démarche garantit des niveaux de performance accompagnés d'obligations contractuelles précises et répartit correctement les risques entre partenaires.

LA GESTION DIRECTE EN REGIE


C'est donc la commune, ou un syndicat intercommunal auquel elle adhère, qui assure la responsabilité complète des investissements comme du fonctionnement des services des eaux, ainsi que des relations avec les usagers, notamment de l'émission des factures et de leur recouvrement, en général par l'intermédiaire du receveur municipal.

Les employés de la régie sont des agents municipaux, ayant un statut public.

Aujourd'hui, à l'exception de quelques villes grandes ou moyennes, qui ont historiquement créé leurs propres services techniques municipaux, la régie est plutôt le fait des petites collectivités rurales.

GESTION EN REGIE



 

ƒ LA GESTION MIXTE

Bien entendu, il existe beaucoup de situations intermédiaires entre régie et gestion déléguée, ce qui montre la souplesse du système.

Par exemple, des collectivités peuvent décider d'exploiter elles­mêmes en régie les ouvrages de production d'eau potable et de grande adduction et de déléguer la distribution à des sociétés privées.

Autre exemple, l'action commerciale vis-à-vis des usagers (facturation, recouvrement) est aussi de plus en plus souvent confiée au secteur privé.

Enfin, il existe également des cas plus rares:

n LE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS


Dans les cas de concession, c'est le partenaire privé qui mobilise la part des fonds non couverts par des aides publiques.

Dans les autres cas (affermages, régies, gérances ...), ce sont les municipalités, ou leurs groupements, qui doivent réunir les financements nécessaires à la réalisation ou à la rénovation des ouvrages dont elles sont propriétaires dans tous les cas de figure.

Pour éviter une hausse trop brutale du prix de l'eau, que l'usager pourrait trouver difficilement supportable, différents mécanismes d'aide publique sont accessibles aux municipalités, comme on l'a vu plus haut, il s'agit des aides :

l Des six agences de l'eau

l De Fonds National pour le Développement des adductions d'Eau (F.N.D.A.E.)
C'est un fonds de "solidarité villes-campagnes" qui vise à compenser les surcoûts d'investissement pour les villages dus à la dispersion et à la faible densité des habitations.

l Des régions et les départements qui soutiennent, sur leurs budgets propres, les efforts d'investissement des communes rurales, soit sous forme de subventions, soit sous forme de bonification des intérêts des emprunts.

 

n LE COUT DE L'EAU : LE PRIX A PAYER PAR LES USAGERS


Pour répondre aux exigences de plus en plus grandes des usagers et respecter les nouvelles normes européennes et nationales, il faut créer de nouveaux ouvrages, assurer leur maintenance, leur modernisation et leur gestion. Tout cela a un coût dont les usagers doivent accepter de payer le prix.

DES RECETTES ET DES DEPENSES EQUILIBREES

Les services publics d'adduction d'eau et d'assainissement ont une nature industrielle et commerciale: ils doivent avoir un budget équilibré en recettes et en dépenses, quel que soit le mode de gestion choisi, en concession et affermage, bien sûr, mais aussi en régie.

Ce budget comprend: le remboursement des emprunts et des intérêts bancaires, les frais d'exploitation et d'administration des services, les coûts de maintenance et de réparation, l'amortissement technique des installations afin d'en permettre le renouvellement lorsqu'elles deviendront vétustes.

Une attention toute particulière doit être portée à l'exploitation. Les technologies sont devenues complexes et requièrent un personnel technique et administratif bien formé, habitué à exercer des contrôles fréquents et ayant une connaissance sûre des installations.

Les frais de personnels correspondent au premier poste de dépenses des services des eaux pour plus de 38% de l'ensemble des coûts (soit 55% des frais de fonctionnement), c'est-à-dire une part supérieure à celle des investissements qui ne représentait que 30% des coûts totaux.

DES USAGERS RESPONSABLES



L'usager a également à sa charge un " droit de branchement " et paye le prix des travaux nécessaires à son branchement individuel.

Les redevances annexes figurant sur la facture sont perçues au profit des Agences Financières de Bassin et du Fonds National pour le Développement des Adductions d'Eau. S'y ajoute la TVA selon l'option de la collectivité.

Des conditions spéciales peuvent être consenties aux établissements gros consommateurs et aux élevages.

Il existe autant de prix que de services d'eau et d'assainissement. Dans certains départements, diverses formes de péréquation peuvent tempérer les variations entre communes. Mais chacun s'accorde à penser qu'un tarif unique de l'eau irait en sens inverse de l'efficacité et de la rentabilité.

La part des dépenses du service de l'eau dans le budget des ménages reste marginale et le prix par m3 consommé payé pour l'eau potable et l'assainissement n'est pas plus cher en moyenne que celui d'un paquet de cigarette, de deux litres d'essence-super ou d'une petite bouteille de Coca Cola consommée dans un bar !

 

Introduction
  1. L'ORGANISATION DES POUVOIRS PUBLICS
  2. LA CONNAISSANCE DES RESSOURCES EN EAU ET DES HYDROSYSTEMES
  3. L'AMENAGEMENT INTEGRE DES COURS D'EAU
  4. LES SERVICES MUNICIPAUX DE L'EAU POTABLE ET DE L'ASSAINISSEMENT
  5. TEXTES DE LOI
  6. Les pages jaunes pour les Institutions publiques les Associations et les Aménageurs

 

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