|
| La
Gestion de l'Eau en France |
|||
| L'AMENAGEMENT INTEGRE DES COURS D'EAU |
Le temps n'est plus où chaque maître d'ouvrage pouvait réaliser
des aménagements ponctuels ou des équipements spécialisés,
prélever et rejeter à sa guise, en ne se préoccupant que
de ses intérêts sectoriels et particuliers, sans vision d'ensemble
ni concertation.
Aujourd'hui, les aménagements des cours d'eau doivent être conçus
dans le cadre de projets globaux et intégrés :
Les Schémas Directeurs (SDAGE) et les Schémas d'Aménagement
et de Gestion des Eaux (SAGE) permettent désormais de mieux appréhender
tous ces impératifs.
C1) LA PRESERVATION DES ÉQUILIBRES ENVIRONNEMENTAUX
l LES OBJECTIFS DE QUALITE DES COURS D'EAU
Des objectifs de qualité ont été fixés pour les
principaux cours d'eau.
Leur élaboration, qui est basée sur la circulaire du Ministère
de l'Environnement de 1978, en application de la loi sur l'eau de 1964, permet
de définir et d'orienter les actions nécessaires à la protection
des cours d'eau.
Des cartes départementales d'objectifs de qualité ont été
adoptées dans la plupart des départements, sur la base d'une large
concertation entre les partenaires locaux.
Les milieux aquatiques les plus fragiles, qui sont aussi le plus souvent riches
d'une faune sensible, tels que les marais et étangs, basses vallées
alluviales, estuaires, etc ... font également l'objet de protections
particulière de la part du Ministère de l'Environnement et désormais,
des programmes agro-environnementaux spécifiques y sont mis en oeuvre
en accord avec la profession agricole, dans le cadre notamment des règlements
communautaires européens.
La "Loi-pêche" de 1984 oblige également les maîtres
d'ouvrage au maintien en aval des aménagements, d'un "débit
réservé" permettant de garantir en tout temps la vie aquatique
et la salubrité des cours d'eau.
l
LES PROGRAMMES PLURIANNUELS DE LUTTE CONTRE LES POLLUTIONS ET DE RECONSTITUTION
DES MILIEUX DEGRADES
Les "Agences de
l'Eau", ainsi que le Fonds National pour le Développement des
Adductions d'Eau en zones rurales, soutiennent la réalisation de programmes
cohérents de lutte contre les pollutions urbaines, industrielles ou agricoles
et de restauration de rivières.
Dès les années 1970, de tels programmes ont été
initiés avec les collectivités territoriales concernées
notamment pour la protection des eaux du Lac Léman, des Lacs d'Annecy
ou du Bourget, ou à une moindre échelle du Lac de Nantua, ainsi
que par exemple du Bassin d'Arcachon ...
Les "contrats de rivière" permettent également de
contractualiser entre tous les partenaires concernés les aménagements
coordonnés à prévoir de façon pluriannuelle sur
un même cours d'eau.
l L'ORGANISATION DE LA PECHE ET DE L'AQUACULTURE
La faune piscicole est un bon indicateur
de l'état de la qualité d'une rivière et de celle de ses
aménagements : sa protection et sa valorisation nécessite la maîtrise
de techniques particulières :
Le CONSEIL SUPERIEUR DE LA PECHE apporte dans ce domaine son expertise
technique auprès des Administrations chargées de la réglementation
de la pêche en eau douce, des associations piscicoles et des collectivités
territoriales. Ses agents gardes-pêches sont par ailleurs commissionnés
par le Ministre de l'Environnement pour assurer la police de la pêche,
de l'eau et des milieux aquatiques.
Les pêcheurs amateurs, réunis en Association de Pêches,
et professionnels doivent organiser leur activité en s'appuyant sur des
plans de gestion piscicole, sur la base d'unités de gestion déterminées
à partir des schémas départementaux de vocation piscicole.
En France, la pisciculture d'eau douce fournit annuellement 60.000 tonnes
de poissons divers à des fins de repeuplement et de consommation, tout
en garantissant un approvisionnement régulier et de qualité. L'élevage
se fait soit dans des installations établies en dérivation des
cours d'eau, soit dans les étangs.
C2) DES GRANDS AMENAGEMENTS MIEUX INTEGRES
Désormais, les grands ouvrages sont conçus dans le cadre d'une
approche globale des systèmes fluviaux intégrant tous les aspects
économiques, techniques et environnementaux, où chacun d'entre
eux apparaît bien comme un maillon cohérent d'un ensemble complexe
où l'ensemble des composantes d'amont et d'aval, de quantité comme
de qualité, ainsi que les effets induits ont été préalablement
pris en compte et étudiés avec sérieux et technicité
et où les partenaires publics et privés concernés ont été
consultés, notamment dans le cadre "d'Enquête d'Utilité
Publique".
l UNE ORGANISATION
SPECIFIQUE DE LA MAITRISE D'OUVRAGE
Des responsabilités spécifiques d'aménagement ou de gestion ont été confiées par les Pouvoirs Publics à des institutions spécialisées :
ð des Etablissements Publics de l'Etat :
ð des Etablissements publics de coopération interdépartementale :
ð des Sociétés nationales ou régionales :
l LA MAITRISE DE L'EAU
Erosion, crues torrentielles, inondations, sécheresses, sont autant
de phénomènes naturels dommageables dont les sociétés
humaines cherchent à se protéger depuis les temps les plus anciens.
La maîtrise des cours d'eau, de leurs sources à leur embouchure, a conduit à la réalisation de grands programmes d'aménagement :
ð La lutte contre l'érosion et la correction des torrents
En raison de leur relief et des conditions climatiques, les terrains montagneux
sont particulièrement exposés aux risques d'érosion provoqués
par le gel, la fonte des neiges et surtout les précipitations parfois
torrentielles.
Des techniques particulières de prévention et de restauration
sont utilisées dans les hauts bassins versants montagneux ; elles sont
nombreuses et ont pour objectif de stabiliser les sols et d'éviter les
crues dévastatrices des torrents. On peut citer parmi les plus opérantes
:
Mais l'utilisation de ces techniques ne saurait cependant être possible et efficace sans une législation adaptée dont les principaux textes sont la loi "montagne", les lois forestières, et celles sur la sécurité civile, et l'établissement de cartes des risques naturels, ainsi que des plans d'exposition aux risques prévisibles.
ð La protection contre les inondations
Les dommages résultant d'une crue sont toujours très graves et peuvent avoir des conséquences économiques et financières très importantes, ce qui a conduit les Pouvoirs Publics à organiser un système de prévision systématique des crues, d'assistance et de secours en cas de catastrophes, et, à titre préventif, à réaliser des ouvrages de contrôle des écoulements et de protection permanente.
La prévision est fondée sur un système moderne de collecte des données et de télétransmissions en temps réel à des centres d'annonce des crues utilisant plusieurs modèles mathématiques de prévision informatisée.
Le service d'annonce des crues intervient en cas de risque potentiel réel d'inondation. Il prend en charge l'annonce aux populations et aux services publics concernés.
La prévention des crues et inondations repose sur l'établissement des plans d'exposition aux risques, la limitation des installations en zones menacées dans les plans d'urbanisme, une coordination des travaux de protection, et, si nécessaire, la construction d'ouvrages spécifiques ou l'aménagement de ceux existants : barrages, digues, ouvrages d'évacuation, ou dragages périodiques permettant l'écrêtement des crues et la protection contre les flots.
Plusieurs fleuves ont été équipés de dispositifs très complets : la Loire, le Rhône, la Seine, mais aussi des affluents comme l'Ardèche, l'Aude ... etc .
ð Le soutien des étiages
Une sécheresse ou des prélèvements d'eau importants à
certaines époques de l'année peuvent provoquer des réductions
du débit des rivières dangereuses parfois pour les milieux naturels
et la faune aquatique ainsi que pour la salubrité et empêchent
toute utilisation de l'eau en aval.
Aussi, l'Etat s'est doté des dispositions juridiques suffisantes permettant
de réglementer les prélèvements ou de prévoir des
lâchures minimales de soutien d'étiage dans les règlements
d'eau associés aux autorisations ou concessions des ouvrages.
Si la création de barrages-réservoirs permet une régulation
intersaisonnière des débits, l'utilisation de "techniques
douces" faisant appel au fonctionnement naturel des milieux et à
leur capacité de "stocker" les excédents de précipitations
et à les restituer en période sèche, a permis de mettre
en oeuvre d'autres solutions; tels que les profilages écologiques des
ruisseaux, la reconstitution des étangs, les roselières, les tourbières
et marais, la protection des fonds humides, le reverdissement et le reboisement
des versants, l'utilisation de techniques culturales agricoles appropriées.
ð
L'eau agricole et rurale
Dans certaines régions du Sud de la France, une mission générale de maîtrise de l'eau visant à améliorer et sécuriser la desserte en eau a été assignée aux Sociétés d'Aménagement Régional (S.A.R.). La Compagnie d'Aménagement des Côteaux de Gascogne en Midi-Pyrénées, la Compagnie du Bas-Rhône-Languedoc en Languedoc-Roussillon et la Société du Canal de Provence sur le littoral de la Côte d'Azur.
Les aménagements réalisés (réservoirs, canaux, galeries, ...) par les Sociétés d'Aménagement Régional permettent d'irriguer de grands espaces : 110.000 ha en Midi-Pyrénées, 130.000 ha en Languedoc-Roussillon, 68.000 ha en Provence, sous forme collective, qui s'ajoutent aux nombreux systèmes d'irrigation individuelle. La gestion des réseaux collectifs est assurée par les S.A.R. pour l'essentiel sous forme de concessions. Des équipes d'astreinte, dotées de moyens de communication et de télésurveillance, assurent 24 h/24 une surveillance fiable et des interventions.
Certaines S.A.R. complètent leurs interventions en prodiguant des conseils auprès des agriculteurs pour une utilisation rationnelle de l'eau, conduisent des essais agronomiques sous formes expérimentales, et développent des banques de données technico-économiques sur l'irrigation ou gèrent des laboratoires d'analyse du sol ou de l'eau.
Ces équipements d'irrigation sont toujours intégrés à
des opérations d'assainissement et de drainage ainsi qu'à des
restructurations foncières.
Au-delà de leurs activités purement hydrauliques, certaines S.A.R.assurent des interventions en milieu rural de développement économique divers (tourisme rural, création d'entreprises, soutien aux filières agricoles) qui, bien souvent, trouvent dans les équipements hydro-agricoles et leur gestion un solide point d'appui.
l LA VALORISATION ECONOMIQUE DE L'EAU
ð Le transport et le tourisme
Les fleuves et les canaux sont indispensables à l'économie et
dès les premiers temps, ils ont été les premières
voies de transport à avoir à pouvoir être aménagées.
L'ensemble des voies navigables en France est géré par un Etablissement
public de l'Etat à caractère industriel et commercial "Voies
navigables de France" (V.N.F.) dont le budget alimenté par des redevances
sur les transports fluviaux ainsi que sur les prélèvement d'eaux
brutes par les utilisateurs des canaux complétées par une dotation
de l'Etat destiné à assurer et développer les missions
de services publics :
L'établissement dispose d'un personnel de 5.740 employés intervenant sur tout le territoire national et encadrant un volume important d'activités de transport de marchandises et de tourisme fluvial.
ð L'hydroélectricité
En France, l'énergie électrique produite à partir de
ressources hydrauliques fournit 18,5% de l'énergie totale, ce qui a nécessité
la construction de nombreux barrages et ouvrages hydrauliques (conduites forcées
...) sur les différents cours d'eau du territoire.
Ces ouvrages, à l'origine, ont souvent été construits
avant 1940 et sont gérés aujourd'hui par l'Electricité
de France (E.D.F.). Ils avaient été conçus pour la plupart
à but unique de production d'énergie.
Aujourd'hui, les ouvrages construits ou réhabilités récemment
doivent répondre à des objectifs multiples tels que : production
d'énergie, maîtrise des alluvions, garantie des débits réservés
pour le fleuve, fourniture d'eau brute pour l'irrigation, l'industrie et l'eau
potable municipale, protection de l'environnement, notamment dans le respect
de la faune avec la création des passes à poisson et la préservation
des zones humides.
|
|
|
|