SEMIDE Système Euro-Méditerranéen d'Information sur les savoir-faire dans le Domaine de l'Eau

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Ministère de l'Ecologie et du développement durable
La Gestion de l'Eau en France
L'ORGANISATION DES POUVOIRS PUBLICS

 

A1) SIX PRINCIPES DE BASE

La gestion des ressources en eau de surface et souterraines, considérées comme un "patrimoine commun de la Nation", repose, en France, sur six grands principes fondamentaux :

 

n La prise en compte de la réalité géographique des grands bassins versants car "l'eau ne connaît pas les frontières administratives";

n Une approche intégrée visant à la satisfaction de tous les différents usages dans le respect des écosystèmes aquatiques;

n L'organisation du partenariat et la coordination des interventions des Pouvoirs Publics et des aménageurs : c'est le rôle des six Comités de bassin et des Préfets coordonnateurs de bassin; c'est l'objectif des Schémas Directeurs et des Schémas d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE et SAGE);

n La mobilisation de ressources financières spécifiques, car "l'eau doit payer l'eau" dont les utilisateurs-pollueurs doivent être les payeurs; c'est la vocation des six Agences de l'Eau,

n Une planification pluriannuelle qui définit les investissements prioritaires dans le cadre des VIème programmes des Agences de l'Eau et de contrats de rivière;

n Le respect des compétences de chaque Maître d'Ouvrages publics ou   privés chacun pour ce qui le concerne dans le cadre collectif fixé par la Loi.

 

Ainsi donc :

le territoire national français a été découpé en six grandes "circonscriptions de bassins" :

 

 

A2) UNE GESTION PARTENARIALE ASSOCIANT TOUS LES USAGERS

La politique de l'eau est définie de façon partenariale entre l'Etat, l'ensemble des Collectivités Territoriales et les usagers - industriels, grands aménageurs régionaux, agriculteurs, distributeurs, pêcheurs et aquaculteurs, associations de protection - associés à chaque niveau, car il s'agit d'organiser une gestion globale de la ressource, optimisant la satisfaction de tous les besoins, dans le respect des écosystèmes aquatiques.

 

La concertation est institutionalisée à trois niveaux :

 

n AU NIVEAU NATIONAL :

le COMITE NATIONAL DE L'EAU, présidé par un parlementaire, réunit les représentants de l'Assemblée Nationale et du Sénat ainsi que des grandes institutions et fédérations nationales concernées.

Il est consulté sur les orientations de la politique nationale de l'Eau et notamment sur les projets de textes législatifs et réglementaires.

n AU NIVEAU DE CHACUNE DES SIX GRANDES CIRCONSCRIPTIONS DE BASSINS:

le COMITE DE BASSIN, présidé par un élu local, a un rôle fondamental d'orientation et d'impulsion :

 

COMPOSITION DES COMITES DE BASSIN

Représentants des circonscriptions de Bassin Régions Départements Communes Usagers et personnes compétentes Milieux socio-professionnels Administrations de l'Etat Total des membres


Adour-Garonne


Artois-Picardie


Loire-Bretagne


Rhin-Meuse


Rhône-Méditerranée-Corse



Seine-Normandie




6


3


8


3


6



7



18


17


28


14


28



25



6


5


6


5


6



6



30


25


42


22


40



38



6


2


8


3


6



7



18


14


22


14


21



20



84


66


114


61


107



103

n AU NIVEAU DES AFFLUENTS ET DE SOUS-BASSINS CORRESPONDANT A UNE UNITE HYDROGRAPHIQUE OU UN AQUIFERE :

Une COMMISSION LOCALE DE L'EAU, composée pour moitié de représentants des collectivités territoriales, pour un quart des représentants des usagers, et pour un quart des représentants de l'Etat, peut être créée pour élaborer et suivre l'application du Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE).

Le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux fixe les objectifs généraux d'utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine et des écosystèmes aquatiques ainsi que de préservation des zones humides, de manière à satisfaire aux principes fixés par la loi. Son périmètre est déterminé par le schéma directeur; à défaut, il est arrêté par le représentant de l'Etat, après consultation ou sur proposition des collectivités territoriales et après consultation du comité de bassin.

Lorsque le schéma a été approuvé, les décisions prises dans le domaine de l'eau par les autorités administratives, et applicables dans le périmètre qu'il définit, doivent être compatibles, ou rendues compatibles, avec ce schéma.

Les collectivités territoriales intéressées peuvent également s'associer dans une COMMUNAUTE LOCALE DE L'EAU pour faciliter la réalisation des objectifs arrêtés dans le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux.

La "Communauté Locale de l'Eau" peut être chargée d'entreprendre l'étude, l'exécution et l'exploitation de tous travaux, ouvrages ou installations présentant un caractère d'intérêt général ou d'urgence, et visant :

A3) LES AUTORISATIONS DE PRELEVEMENTS ET DE REJETS :  LA POLICE DES EAUX, UNE COMPETENCE DE L'ETAT

Le préfet de la région où le comité de bassin a son siège anime et coordonne la politique de l'Etat en matière de police et de gestion des ressources en eau afin de réaliser l'unité et la cohérence des actions déconcentrées de l'Etat en ce domaine dans les régions et départements concernés.

Le préfet coordonnateur de bassin dispose des moyens nécessaires, notamment en ce qui concerne la gestion des situations de crises.

Que ce soit pour les eaux de surface ou les eaux souterraines, ce sont les services déconcentrés, régionaux ou départementaux, de l'Etat - Directions Régionales de l'Industrie et de la Recherche (DRIRE), Directions Départementales de l'Agriculture et de l'Equipement (DDAF et DDE) - qui instruisent, selon leurs compétences, les dossiers de demandes :

Les installations, ouvrages, travaux ou activités qui peuvent présenter des dangers pour la santé et la sécurité, avoir des effets graves sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques, nuire au libre écoulement des eaux, ou accroître le risque d'inondation, sont soumis à autorisation administrative.

Les autres installations, travaux ou activités ne présentant pas de tels dangers sont cependant soumis à déclaration.

L'autorisation est accordée après enquête publique et, le cas échéant, pour une durée déterminée.

L'autorisation peut être retirée ou modifiée, sans indemnité :

Les installations soumises à autorisation ou à déclaration permettant d'effectuer des prélèvements en eau superficielle ou des déversements et de pompage des eaux souterraines doivent être pourvues des moyens de mesure ou d'évaluation appropriés. Leurs exploitants ou leurs propriétaires sont tenus d'en assurer la pose et le fonctionnement, de conserver les données correspondantes et de tenir celles-ci à la disposition de l'autorité administrative.

L'administration peut prendre des mesures de limitation ou de suspension provisoire des usages de l'eau, pour faire face à une menace ou aux conséquences d'accidents, de sécheresse, d'inondations ou à un risque de pénurie.

Enfin, des mesures spécifiques peuvent être édictées dans les secteurs particulièrement sensibles ainsi que dans des zones de protection spéciale de la ressource.

En cas d'accident présentant un danger pour la sécurité civile, la qualité, la circulation ou la conservation des eaux, l'administration peut prescrire aux responsables les mesures à prendre et, en cas de carence, exécuter les interventions nécessaires aux frais de ceux-ci.

 

A4) LE PRINCIPE "POLLUEUR-PAYEUR" ET LES AGENCES DE L'EAU

 

n Une expérience de vingt cinq ans

Dans le cadre de la loi sur l'eau de 1964, il a été créé dans chacune des six circonscriptions de bassin une "AGENCE DE L'EAU" qui a la forme d'un établissement public administratif doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière.

Ces Agences ont pour mission de faciliter les diverses actions d'intérêt commun au bassin... en vue d'assurer l'équilibre des ressources et des besoins en eau, d'atteindre les objectifs de qualité fixés par les règlements , d'améliorer et accroître les ressources" ainsi que la lutte contre les inondations.

Le domaine d'intervention couvre les eaux de surface, les eaux souterraines et les eaux territoriales en mer.

 

 

n Organisation et attributions :

L'Agence est dirigée par un Conseil d'Administration comprenant : 8 représentants des collectivités territoriales, 8 représentants des différentes catégories d'usagers, 8 représentants de l'Etat, 1 représentant du personnel de l'Agence.

Le Président du Conseil d'Administration et le directeur de l'Agence sont nommés par le Gouvernement.

Leurs moyens d'intervention sont :

n Des moyens financiers d'intervention :

Les ressources des Agences sont fondées sur l'application du principe "utilisateur-pollueur-payeur" qui les conduit à percevoir des redevances sur les prélèvements et les rejets de tous les usagers qui affectent la qualité des eaux ou en modifient le régime.

Pour les industriels, la redevance est calculée en fonction de différents paramètres propres à chaque branche et du volume de pollution produit par chaque établissement.

Pour les usages domestiques, elle est calculée pour chaque commune en fonction de la population permanente et saisonnière et perçue à l'occasion du paiement par l'usager de la facture d'eau mesuré au compteur.

Les taux appliqués pour le calcul des redevances sont fixés pour chaque Agence en accord avec le Comité de Bassin de façon à permettre d'équilibrer les programmes prioritaires d'intervention. Ils sont modulés géographiquement en fonction des priorités et des objectifs de qualité définis par le Comité de Bassin.

n Le VIème programme d'intervention des Agences de l'Eau (1992-1996)

Les objectifs majeurs qui ont été assignés à ce programme portent sur 81 milliards de francs d'investissement sur cinq ans :

 



- 1992 - 1996 -
ORIENTATIONS DES VIèmes PROGRAMMES DES AGENCES DE L'EAU
Millions de FF



Engagements financiers prévisionnels Montant des travaux Aides (1) correspondantes des Agences

ADOUR-GARONNE

ARTOIS-PICARDIE

LOIRE-BRETAGNE

RHIN-MEUSE

RHONE-MEDITERRANEE-CORSE

SEINE-NORMANDIE

9.065

6.835

13.750

7.527

14.840

28.960

3.220

2.440

5.200

3.011

5.993

15.109
TOTAL GENERAL 80.900 34.973


(1) Non compris primes pour épuration des collectivités locales, aides à l'exploitation
 et dépenses de soutien aux interventions.


Millions de FF

THEMES PRIORITAIRES en montants de travaux
Vème Programme
VIème Programme
Assainissement des collectivités

Lutte contre la pollution industrielle

Amélioration des pratiques agricoles (élevages-cultures)

Alimentation en eau potable

Amélioration de la ressource

Milieux naturels

22.800

6.400

-

9.600

4.000

1.000
43.100

10.800

3.600

14.940

6.050

2.400
TOTAL GENERAL DE TRAVAUX PROGRAMMES
43.800
80.900


Introduction

  1. L'ORGANISATION DES POUVOIRS PUBLICS
  2. LA CONNAISSANCE DES RESSOURCES EN EAU ET DES HYDROSYSTEMES
  3. L'AMENAGEMENT INTEGRE DES COURS D'EAU
  4. LES SERVICES MUNICIPAUX DE L'EAU POTABLE ET DE L'ASSAINISSEMENT
  5. TEXTES DE LOI
  6. Les pages jaunes pour les Institutions publiques les Associations et les Aménageurs

 

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